Salle d’attente(s)- une oeuvre contre les violences médicales et patriarcales

Aller à la rencontre du public est toujours une expérience stimulante pour une autrice. Le 18 mars dernier, j’ai eu le plaisir d’échanger avec un public madrilène et français lors d’une lecture organisée par France-Madrid, l’école de français bien connue de la capitale espagnole.

Ecrire pour libérer la parole

J’écris pour lancer le débat, ouvrir les esprits et libérer la parole, donner une voix à ce qui n’est jamais évoqué. Je pense que le but ultime d’une personne sur Terre est de vivre en conscience. J’ai été vraiment impressionnée de voir que ce texte co-écrit en 2019 avec Hélène Coulombeix n’avait pas pris une ride et continuait d’éveiller les conscience sur un thème méconnu, les violences médicales, elles-même le terrain de toutes sortes de violences ( sexistes, racistes, classistes, agistes, grossophobes, homophobes, transphobes, etc).

Les 13 monologues que j’ai co écrits avec mon amie et consoeur Hélène Coulombeix sont calibrés pour évoquer tous ces thèmes via le périnée qu’on «voit» dans tous ses états.



Le périnée, miroir de nos vies et de nos âmes

Le périnée est pour nous un reflet sans pitié de notre société, de notre psyché individuelle et collective, mais c’est aussi un formidable allié, un support de tous les aspects de nos vies. Il est fondamental pour la bonne santé de chacun.e d’entre nous mais encore plus dans certaines professions.

Echanger avec le public m’a permis de voir de nouveaux aspects de l’oeuvre, et de constater combien elle reste d’actualité, même si le texte date de l’été 2019.


Les violences médicales: le pouvoir des médecins

J’ai pu constater combien les violences médicales sont méconnues, et peuvent prospèrer au gré des préjugés des soignant.e.s , surtout les médecins hommes ou femmes qui violent le serment d’Hippocrate en conscience mais aussi en inconscience, passant leur patientèle au crible de croyances bigotes forgées par un cruel manque de formation et d’information, sans parler d’un sentiment de toute-puissance conférée par des années d’études scientifiques et techniques au détriment parfois des sciences humaines.

Ceci aboutit notamment à des refus d’analyses ou de traitements, donc un véritable risque sanitaire. Ou à des actes intrusifs, indélicats parfois traumatisants.



Le corps – machine outil

La mécanisation du corps par la science au détriment de la psyché est un thème au coeur de mon inspiration artistique. C’est un fléau qui ne cesse de s’aggraver avec «l’être humain augmenté» , la virtualisation technologique des échanges .

Mon érudit ami Jorge Palma signale à juste titre que le soin médical est lié à l’impératif d’un corps fort, apte à répondre aux besoins productivistes de l’économie. C’est quelque chose qu’on retrouve aussi dans les pays communistes, avec l’archétype de l’ouvrier fort, le corps vigoureux et productif. Dès lors, les systèmes de santé adoptent des comportements productivistes, quitte à en devenir maltraitants. On en revient au corps-objet, à l’humain-objet.

Quand on sait la puissance des lobbies corporatistes médicaux, la lenteur des procédures pour le peu de résultats obtenu, ces violences se passent dans un climat d’impunité total. Il faut que nous les patient.e.s apprenions à oser taper du poing sur la table pour faire valoir nos droits et poser des limites aux personnels soignants.

Derrière cette violence médicale du quotidien, s’exprime souvent un combo de discriminations de type patriarcal machiste et des violences productivistes ( consultations taylorisées réduites aux actes mécaniques, où le soignant ne parle plus au malade-objet, comme dans une batterie d’élevage ou abattoir). Le cycle de la maltraitance: cette ambiance productiviste mécaniste maltraitante porte atteinte aux deux parties, soignant et patient.

Pour aller plus loin, je vous invite à lire cet article sur les violences médicales.


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